la pression du frelon-asiatique-pourrait-s-arreter-d-elle-meme

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/l-invasion-du-frelo...

Extraits de l'article:

Peut-être une bonne nouvelle dans la lutte contre cette espèce invasive : le frelon asiatique voit sa reproduction perturbée en raison de problèmes de consanguinité..

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 nous nous sommes aperçus que les colonies comportaient de nombreux mâles au printemps, ce qui est en contradiction complète avec le cycle de cette espèce où les mâles n'apparaissent qu'à la fin de l'été

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La présence de mâles au printemps a donc surpris Eric Darrouzet. D'autant que leur nombre est important, représentant jusqu'à 68% de la population dans certaines colonies. Mieux, ces mâles sont diploïdes,c'est-à-dire dotés de deux paires de chromosomes, et non haploïdes comme ils devraient l'être (une seule série de chromosomes). Une aberration car la reproduction de ces insectes se fait à partir de femelles diploïdes et de mâles haploïdes, pour produire des ouvrières diploïdes. 

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"dépression de consanguinité". Autrement dit, les différences génétiques sont si faibles entre les individus que les reines font une confusion dans la ponte de leurs œufs et produisent ces mâles en lieu et place d'ouvrières. Un phénomène attribué au fait que seules quelques reines seraient arrivées dans les poteries en 2004, voire une seule, limitant la diversité génétique. Or cette dépression a deux effets. "Le premier est que les colonies se retrouvent avec un gros fardeau",explique Eric Darrouzet. "Car ces mâles ne travaillent pas, ne servent à rien et sont nourris par les ouvrières, ce qui impacte la productivité de la colonie et donc potentiellement la diffusion de l'espèce". Le second, c'est qu'en cas de reproduction de ces mâles diploïdes avec des femelles diploïdes, on obtient des reproducteurs triploïdes... stériles.

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Tant mieux si cela peut freiner, voire réduire, l'expansion du frelon asiatique.

Mais pour l'instant il se répand et se multiplie là où il est. Il est arrivé à Strasbourg en 2017. Nous aurons à gérer sa présence et à protéger nos abeilles dès cette année.

C'est une dynamique assez classique des espèces introduites invasives. Dans un premier temps, elle rencontre une "niche écologique" vide, elle n'a pas de prédateurs, de compétiteurs ou pathogènes autochtones. Ce champs libre va lui permettre une expansion initiale agressive et fulgurante. Après cette phase, il peut y avoir une "naturalisation" de l'espèce, elle s'intègre dans son écosystème, modifiant son fonctionnement de manière irrémédiable ou elle disparaît. Dans le cas d'une seule population source, la faible diversité génétique ne permet pas de s'adapter aux nouvelles conditions rencontrées hors de la zone de répartition initiale de l'espèce. Cette diploidie des mâles est peut être une tentative pour créer du brassage génétique.

Ceci est plutôt rassurant mais il est vrai que depuis 2004 le frelon asiatique n'a fait que se propager partout dans nos régions, il n'y a qu'à regarder la carte de France :  https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/433589

Lorenzo

Pouvons nous compter également sur ce parasitoïde qui a été retrouvé dans des reines afin de freiner cette croissance exponentielle : 

"Une lueur d’espoir vient d’être donnée par des chercheurs d’une unité mixte de recherche Université François-Rabelais de Tours/CNRS. Eric Darrouzet a découvert un parasitoïde européen du frelon asiatique, une espèce de mouche de la famille des conopidés (Conops vesicularis), qui pond un œuf dans l’abdomen d’une reine. En se développant, en 10 à 15 jours, la larve dévore les organes de la reine, causant sa mort et par ricochet celle de la colonie. « On savait que ce conopidé parasitait les bourdons butineurs et les guêpes ouvrières. Mais la nouveauté, c’est qu’on l’a retrouvé chez le frelon asiatique. » La découverte s’est faite en 2013 à partir de douze colonies de frelons asiatiques suivies par l’équipe de chercheurs de Tours. « Plusieurs étaient mortes, les reines ayant disparu. On a retrouvé les corps des reines dans deux colonies. En les disséquant, on a mis en évidence le parasite."

Source : http://www.lalsace.fr/bas-rhin/2014/07/13/un-predateur-du-frelon-asiatiq...

Lorenzo

Vous avez noté que l'article cité en référence est daté d'octobre 2015 : à ma connaissance pas de nouvelles plus fraîches sur ce sujet depuis et l' expansion du frelon ne semble pas freinée depuis cette date.

Selon certaines études, les reines sont aussi censées se tuer entre-elles etc, etc... Toute cette littérature n'est que prétexte pour retarder ou éviter l'action, et tout particulièrement l'action publique.

Seule la destruction parvient à contenir son expansion dans les territoires infectés. Notre seul objectif doit être le repérage et l'éradication du frelon pour sauvegarder la biodiversité, ce qui est également l'esprit des récentes décisions européennes :)

Patrick