quand commencer à nourrir?

Je suis allé voir mes ruches et il y a une grande activité devant. Faut il commencer à les nourrir? car il n'y a pas grand chose à manger... en même temps on est encore en février et j'aurais préféré qu'elles dorment encore un peu... est-ce qu'un nourrissement ne risque pas de trop les exciter trop tôt dans la saison?

En attendant l'avis de Bruno, le chantre du "candi de Noël", je suggérerais de leur donner du candi. Mettre un pain de candi dans le nourrisseur ou sur le haut des cadres selon l'équipement de votre ruche.

Tout le monde a remarqué une forte activité ces dernières semaines avec des températures élevées en journée, de la rentrée abondante de pollen. La consommation de candi s'est accélérée au rythme de l'activité des abeilles. L'hivernage n'est pas terminé, même si le temps est parfois printanier. Avec le beau temps actuel, vérifier une fois par semaine le niveau du candi et en remettre quand il est presque totalement consommé. Par ailleurs, une vague de froid peut encore arriver. Si c'est le cas, le candi les aidera à mieux gérer un tel épisode.

On retire définitivement le candi de la ruche quand arrive la floraison des premiers cerisiers.

Je rajouterais que le nourrissage au candi ne doit pas être systématique , il faut évaluer les réserves  ( en pesant les ruches ) si on met du candi à une ruche qui a des réserves les abeilles risquent de ne pas puiser dans les réserves et la reine sera bloquée dans sa ponte  , risque soit de blocage de ponte , soit essaimage  précoce , c’est pas bon pour la colonie .. et l’apiculteur . De plus ( mais la situation n’est pas identique partout ) j’ai visité les ruches à Strasbourg hier et il y a un début de miellée de saules marsault .. donc les abeilles rentrent aussi du nectar. Ceci dit la fin de semaine et toute la semaine prochaine s’annonce maussade voire très fraîche , réserves à surveiller .. c’est pas simple l’apiculture ..,. C’est en premier l’observation de la nature qui nous guide.. 

Bonjour Quentin,

Excellente question, quand commencer à nourrir ou quand mettre du candi à disposition. Tout à fait d’accord avec Michel, il faut peser les ruches. Avec un peson électronique, en pesée arrière c’est facile et ça nous indique le poids utile (abeilles, miel, pollen) en faisant la différence entre le poids total et le poids des éléments de la ruche si nous les avons pesés. J’ai fait tout ça mais lorsque le poids utile a plongé sous les 10 kg, j’ai posé du candi. Selon les utilisateurs du concept «poids utile», il faut que les abeilles-miel-pollen pèsent entre 20 et 25 kg en octobre de l’année précédente.

Il faudra que, par expérience, nous déterminions quand mettre du candi. A ce jour, il doit y avoir autour de 1,5 kg d’abeilles (15000 abeilles), il faut tenir compte d’une marge d’erreur de pesage mais 1,5 kg enlevé à 10 kg, il devait rester du miel et du pollen. Par crainte, j’ai agi trop tôt.

Résultat à ce jour, il y a une très forte activité, de belles rentrées de pollen et le candi protéiné de 2 kg a été consommé en un peu plus d’un mois. J’ai une idée de ce que je vais trouver à la visite de printemps.

Trois ans d’apiculture et un peu d’expérience. L’an passé lors de la visite de printemps tout début avril, une ruche avait 6 cadres de couvain. Fin avril, elle a essaimé deux fois mais elle a fini par produire à partir de fin juin, 26 kg de miel. 2018, année exceptionnelle. Les autres ruches, toutes avec des reines de moins de 1 an, n’avaient que 4 cadres de couvain et n’ont pas essaimé.

Cette année lors de la visite de printemps, je vais immédiatement enlever un cadre, un vieux cadre latéral, leur mettre un cadre à construire à disposition et faire un essaim artificiel 15 jours après dès que les mâles seront présents. 6 cadres de couvain début avril, c’est trop, c’est l’essaimage assuré. Il faut leur faire de la place.

Pour en revenir au candi, nourrir trop tôt, on risque l’essaimage, nourrir trop tard et on risque de perdre la colonie. On marche sur un fil.

Préciser que ce que tu décris est pour une ruche au format Dadant. Avec des Langstroth la conduite est différente.

Quand mettre du candi?

J'en reste au conseil de Bruno, qui par expérience m'a donné satisfaction. Le candi est "une assurance vie", il ne dispense pas de peser les ruches pour estimer la quantité de ressources disponibles (la variation de poids des abeilles est négligeable, les évolutions de poids concernent essentiellement les ressources). Bruno conseille de mettre du "candi à Noël", à l'occasion du traitement d'hiver (acide oxalique ou VarroMed). Le candi est retiré à la floraison des cerisiers. Entre les deux vérifier que les abeilles n'ont pas tout mangé, si c'est le cas, leur en remettre.

La remarque sur l'essaimage. Je n'ai pas de certitude, mais je ne pense pas que le candi stimule vraiment la ponte de la reine et favorise l'essaimage. Est-ce que Bruno et Michel peuvent nous éclairer à ce sujet. Pour stimuler la ponte de la reine, j'ai toujours entendu parler de "nourrissement spéculatif" au sirop "léger (50-50 sucre-eau)" qui n'est pas d''actualité à cette période de l'année, pas du candi.

 

Dominique.

 

C’est juste Dominique , pour le candi simple , le problème est que sa consommation exclus la consommation des réserves ( pour certaines abeilles ...essentiellement d’apres la littérature et les experts pro , les buckfast) , comme je tentais de l’expliquer la place pour la reine qui, stimulation ou pas à repris sa ponte ( certainement importante ces derniers temps)  peut venir à manquer ( l’apport de pollen est exceptionnel pour une mi - fin février ) .pour la stimulation , actuellement pas de sirop , il fait trop froid la nuit  , mais certains ( moi je ne le fais pas ) mettent des candis protéinés  ( candi + miel+ pollens ou substituts ou encore d’autres stimulants divers et variés ) la CA stimule la ponte de la reine ( avec un peu de retard par rapport au sirop) .Mais si dame nature décide de repasser en mode hiver , ou plus frais (sans possibilité pour les abeilles de chercher de quoi se nourrir et nourrir ce couvain «  forcé ») , les abeilles vont se mettre à nouveau en grappe et abandonner le couvain , qui va mourir , d’ou possibilité de maladies  au printemps ( couvain plâtré , aspergillose ...  voire loques ) .

Bien sûr comme tu le dis Dominique la stimulation au sirop existe , mais un peu plus tard ( je ne la pratique que sur des essaims constitués par «  dégraissage «  comme Dany l’explique  en avril - mai ) jamais sur des colonies dite de productions ( le sirop peut être stocké dans les hausses à miel) .

Bruno apportera des compléments  certainement Ce sujet n’est pas simple effectivement on est sur le fil , pour ma part je conduit mes colonies jusqu’a la première vraie miellée ( Aubépines -fruitiers ) pour qu’elles y arrivent ... au bord de la famine .j’ ai travaillé en Zander ( petite langstroh) pendant 20 ans ,  et avant avec mon grand père travaillait en Dadant 12 cadres   de la même manière pour cette phase . 

Je suis la double recommandation de Bruno, donner du candi à Noël pour éviter la famine et faire des divisions au printemps pour éviter l’essaimage. Par contre, cette année, pesant les ruches, j’ai décalé le candi de Noël en janvier et l’an prochain, je pense même, le décaler en février ou plus tard si le poids des abeilles-miel-pollen reste au-dessus de 8 kg. Avec l’expérience, il faudra arriver comme Michel à « conduire les colonies jusqu’à la première vraie miellée (Aubépines -fruitiers) pour qu’elles y arrivent ... au bord de la famine »

Par ailleurs, j’ai bien entendu le message de Michel, pas de nourrissage systématique qui pourrait favoriser un blocage de ponte, un essaimage précoce, l’abandon du couvain si le temps passe en mode hiver avec comme conséquence les maladies au printemps.

Quant à la remarque de Dominique « je ne pense pas que le candi stimule vraiment la ponte de la reine et favorise l'essaimage », une première réponse vient de Michel, le candi « stimule la ponte de la reine (avec un peu de retard par rapport au sirop) » et celle de Riondet et Guillaud dans l’Abeille de France de février, le candi stimule peu les colonies. Ça stimule mais pas trop.

Faut-il stimuler est le titre d’un paragraphe d’un article de Fruits et Abeilles de janvier 2019, page 10 et 11, rédigé par Charles Huck.

Il écrit que pour inciter la reine à augmenter la ponte, en fin d’hiver, « l’opération consiste à donner du candi » pour mimer une récolte. Il apporte un élément d’information supplémentaire. Il déconseille de stimuler la Buckfast mais recommande la stimulation de l’abeille noire et de la carniolienne. Il conclut le paragraphe en rappelant ce que Michel énonçait, il conseille de ne débuter la stimulation au candi que lorsque les grands froids ne sont plus à craindre, pour éviter un couvain à découvert.

Donner du candi à la sortie de l’hiver dans l’idée de Charles Huck n’est pas d’éviter la famine mais d’assurer un meilleur développement aux colonies en fin d’hiver et de les renforcer.

Les deux effets du candi ne sont pas contradictoires, éviter la famine et renforcer les colonies. Le risque d’abandon du couvain peut être minimisé en nourrissant en fin d’hiver plutôt qu’en début d’hiver.