Et pourquoi on parle de « lune de miel »?
La “lune de miel” : une histoire d’amour… et de miel
Tout le monde connaît cette expression : la lune de miel.
On peut se demander, surtout quand on est apiculteur : quel rapport entre les jeunes mariés et nos abeilles ?
Il y en a un… mais pas forcément celui qu’on croit.
Un voyage de noces qui n’en était pas un
Aujourd’hui, la “lune de miel” évoque un séjour romantique sous les tropiques. Mais à l’origine, rien à voir avec un voyage.
La lune de miel, c’était le premier mois lunaire du mariage, soit 29 jours de douceur supposée.
L’expression apparaît en anglais dès le XVIᵉ siècle sous la forme honeymoon, puis arrive en France au XVIIIᵉ siècle, notamment sous la plume de Voltaire.
Le philosophe, jamais avare d’une pique, écrivait que si le premier mois était celui du miel, le second était celui… de l’absinthe.
On sentait déjà apparaître l’expérience.
Pourquoi du miel ?
Plusieurs traditions se mélangent, mais la plus savoureuse nous ramène très loin, jusqu’à la Babylone antique.
À cette époque, le père de la mariée offrait au gendre un mois d’hydromel, cette boisson fermentée à base de miel.
Un mois entier à boire du “nectar des dieux”, censé :
- favoriser la fertilité,
- assurer la prospérité du couple,
- et, disons-le, encourager une lune de noces… productive.
On comprend mieux pourquoi on parlait de “miel”.
Dans d’autres régions d’Europe, notamment au Nord, on offrait encore au XIXᵉ siècle un “miel de mariage”, un hydromel artisanal destiné à garantir bonheur et descendance.
Le miel, c’était la douceur, la promesse, le début sucré de la vie à deux.
Et les abeilles dans tout ça ?
Étonnamment, l’expression n’a pas été inventée par des apiculteurs.
Mais dans de nombreuses cultures, les abeilles symbolisaient :
- l’abondance,
- la fécondité,
- la continuité du foyer.
Elles étaient vues comme des gardiennes du bonheur domestique. Autant dire que nos ruches auraient eu leur place dans les cérémonies de mariage d’autrefois.
Et puis, avouons-le : si un couple survit à une saison de récolte, il peut survivre à tout.
Quand la lune de miel tourne… vinaigre
Voltaire parlait de “lune de l’absinthe” pour le deuxième mois.
On pourrait moderniser la tradition :
- Lune de propolis : quand ça colle un peu trop.
- Lune de gelée royale : quand tout roule comme dans un conte de fées.
- Lune du frelon asiatique : quand les ennuis débarquent sans prévenir.
- Lune d’essaimage : quand chacun veut prendre son indépendance.
Les possibilités sont infinies, et les apiculteurs ont une imagination fertile.
Conclusion : une expression douce comme le miel
La “lune de miel” n’est pas née dans une ruche, mais elle doit beaucoup au miel, à l’hydromel et à la symbolique de douceur qui les accompagne.
Une belle occasion, pour nous autres apiculteurs, de rappeler que derrière chaque pot de miel se cache une histoire millénaire… parfois même une histoire d’amour.
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