Parlons un peu des bactéries bénéfiques ...

Depuis quelques années, la communauté scientifique s’intéresse de plus en plus au rôle du microbiome sur la santé. Alors que pour se protéger des infections, les animaux « supérieurs » possèdent un système immunitaire inné et adaptatif, le rôle du microbiome est d’autant plus crucial chez les insectes qui sont dépourvus du second.

Les progrès en technologies de séquençage de l’information génétique ont permis de répertorier le microbiome du système digestif de l’abeille. Ce dernier est relativement « simple » par rapport à d’autres espèces, dominé par 9 phylotypes (l’équivalent de l’espèce pour les bactéries) mais très spécialisé, ces derniers n’étant présents que chez les abeilles. Une équipe de l’USDA-ARS Bee research Laboratory et du College of Bee Science de l’université de Fujian a exposé des abeilles mellifères à un traitement antibiotique, puis les ont infectés avec des spores de la microsporidie Nosema. Ils ont mis en évidence que le traitement antibiotique avait altérer la composition du microbiome, provoquant une baisse des défenses immunitaires de l’abeille, une augmentation de la susceptibilité auprès du pathogène, se traduisant par impact négatif sur la survie des abeilles. Alors qu’en Europe, l’utilisation d’antibiotique en apiculture est illégale, ce n’est pas le cas dans d’autres parties du monde, notamment dans l’objectif de contrôler Nosema. Cette étude remet donc en cause la pertinence de leur utilisation. De manière plus prometteuse, elle ouvre une piste pour le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques s’appuyant sur la promotion de « bactéries bénéfiques » pour améliorer la santé des abeilles.

Source : New evidence showing that the destruction of gut bacteria by antibiotic treatment could increase the honey bee’s vulnerability to Nosema infection – Jiang Hong Li – PLoS ONE

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