Hivernage. Suivi des réserves des ruches. Comment je fais.


Ce qui est décrit ci-dessous est la manière dont je fais le suivi des réserves de mes ruches pour la période hivernale. C'est une manière de procéder, parmi bien d'autres, et la description que j'en fais est juste à titre informatif.

C'est une des réponses à la question de Dany : « et vous comment faites-vous ? ».

 


Préparation de l'hivernage, estimation des réserves existantes.

Je fais cette opération en général entre la seconde moitié de septembre et le début octobre.

  • Visite complète de la ruche.
  • Les ruches que je gère sont des Langstroth. Elles passent en général la saison apicole sur deux corps. A la préparation de l’hivernage, si c’est possible, je réduis la ruche pour passer sur un seul corps. Mais il arrive qu’il y ait beaucoup trop de cadres de couvain (6 cadres ou plus) pour réduire la ruche à un seul corps. Dans ce cas, elle hivernera sur deux corps.
  • Réorganisation éventuelle des cadres dans la ruche.
  • Mise en place du réducteur d'entrée.

Estimation des réserves de miel dans la ruche.

  • Lors de la visite, pour chaque cadre qui restera dans la ruche, j’estime la quantité de miel operculé qui est stockée. La surface d’une main (pas trop grande) de miel operculé correspond à environ 300g; à vous de vous faire votre gabarit en tenant compte de la taille de votre main…..
  • Éventuellement je rajoute des cadres de miel (operculé en provenance de hausses Langstroth) qui n’ont pas été récoltés, ou je rajoute des cadres de miel operculé qui avaient été stockés plus tôt dans la saison. J’estime la quantité de miel operculé sur l’ensemble des ces cadres rajoutés par la même méthode (surface de la main)

J’ai donc une estimation assez précise de la quantité de miel operculé stocké dans la ruche à la préparation de l’hivernage. C'est le POIDS DE MIEL EXISTANT.

 

Une ruche a besoin de 12 à 15 kg de miel pour passer l’hiver. C'est le POIDS DE MIEL NÉCESSAIRE. Si vous avez des abeilles Frère Adam (buckfast), il faut savoir qu’elles consomment plus que les autres.

(POIDS DE MIEL NÉCESSAIRE - POIDS DE MIEL EXISTANT) indique la quantité supplémentaire de miel que la ruche doit avoir et donc le poids qu’elle doit prendre pour passer l’hiver sans problèmes de réserves.

Je pèse la ruche qui est maintenant prête pour l’hivernage. En ajoutant à ce poids celui que la ruche doit prendre pour passer l’hiver, je connais le poids final qu’il faut atteindre.

 

Par exemple :

  • la ruche a 9 kg de miel operculé au moment de la préparation de l’hivernage, c'est le POIDS DE MIEL EXISTANT.
  • si je vise 13 kg de miel pour passer l’hiver, c'est le POIDS DE MIEL NÉCESSAIRE.
  • la ruche devra prendre + 4 kg avant fin novembre (POIDS DE MIEL NÉCESSAIRE - POIDS DE MIEL EXISTANT).
  • je pèse la ruche à la préparation de l’hivernage, son poids est de 38 kg
  • la ruche devra atteindre 38 + 4 = 42 kg

Bien sûr on ne prend pas en compte les variations qui sont dues au pollen et à la quantité d’abeilles. Mais elles sont négligeables par rapport au poids du miel.

 

J'ai choisi cette méthode de pesée où l'on estime l'écart de poids que la ruche doit prendre et l'on surveille cet écart par rapport au poids mesuré à la préparation de l'hivernage. Cela permet de ne pas avoir à se poser de questions sur le poids de la structure de la ruche, des cadres vides, des éventuelles partitions que l'on rajoute, des abeilles, du pollen, du nourrisseur, du couvre-cadre, du toit, etc. Elle permet de faire un suivi individualisé simple, sans se préoccuper de la structure de la ruche.

 


Pesée arrière, étalonnage de la pesée.

Normalement, en pesée arrière, il faut multiplier par deux la valeur lue sur le peson pour avoir le poids réel de la ruche.

 

Mais en fonction de votre support de ruche, de la taille de votre plancher, de l’endroit où vous arrimez le peson, cela peut-être faux. Vous pouvez « étalonner » vous-même votre mesure et déterminer le coefficient multiplicateur à appliquer dans votre cas précis.

  • pesez (avec un pèse personne par exemple) une ruche sans abeilles, avec quelques cadres  : mesure A
  • placez cette ruche sur vos supports et faites la mesure du poids avec votre peson : mesure B
  • le coefficient que vous devrez appliquer est : A/B; le poids de votre ruche sera (« ce qui est lu sur le peson ») x A / B

 


Nourrissement pour complément de provisions et pesées de suivi.

Après la préparation de l’hivernage (fin septembre, début octobre), si la quantité de miel est insuffisante, il est nécessaire de procéder à un nourrissement pour complément de provision avec du sirop lourd.

Pesée toutes les 2 semaines pour suivre l’évolution du poids de la ruche. Quand le poids visé est atteint, on arrête le nourrissement.

 

Éviter de peser pendant les périodes les plus froides. Les abeilles sont en grappe et une secousse peut les perturber. J’arrête de peser en général pendant la période fin novembre - début février. A adapter en fonction de la météo

 


Candi de Noël.

Je mets dans le nourrisseur un pain de candi (1,5 - 2 kg) au moment du traitement anti-varroa d’hiver (fin décembre, début janvier).

Je surveille la consommation du candi (en regardant ce qui reste dans le nourrisseur, pas en pesant) et je le renouvelle dès que les abeilles ont tout consommé avant la sortie d’hivernage.

 


Pesées avant sortie d’hivernage.

A partir de février (fonction du temps), pesées périodiques (toutes les 2 semaines) pour suivre la consommation de ressources jusqu’à la sortie d’hivernage (mars-avril)

 


 

 

 

 

J’ai lu avec intérêt ta manière de procéder. Je vois un avantage aux Langstroth par rapport aux Dadant, des cadres de miel peuvent être rajoutés pour compléter le nourrissement. C’est impossible avec les cadres de hausse Dadant qui sont des demi-cadres de corps.

J’en profite pour équilibrer et indiquer un avantage des Dadant. Je ne traite contre le varroa - Apivar fin d’été et VarroMed au printemps – qu’en l’absence de hausses. La confusion entre cadres de corps et de hausses n’est pas possible en Dadant. A priori, le miel des hausses ne devrait pas contenir d’amitraze (sauf si les abeilles déplacent les réserves de miel).

En rajoutant des cadres de miel, en Langstroth, tu peux faire la visite d’automne après la mi-septembre. Comme il faut que le nourrissement soit terminé mi-septembre, en Dadant, je stimule fin août avec du 50/50, 200 ml tous les 2 jours pendant une dizaine de jours. La reine pond et occupe des alvéoles pour faire naître les abeilles d’hiver. Je fais la visite d’automne après la stimulation, je viens de la faire le 29 août. J’évalue les cadres de miel et le besoin en nourrissement. Le soir, je pèse les ruches et je calcule le poids utile, poids total de la ruche (-) poids de la structure. Je compare le besoin évalué lors de la visite « d’automne » et le besoin relevé lors du pesage. Si c'est cohérent, je complète la nourriture d’hiver avec du sirop de betterave, Apistar ou Melliflora.

Je change de sujet. En hiver, Dominique, tu nous communiques le poids total des ruches relevé par une balance connectée. Il serait très intéressant que nous connaissions le poids de ton matériel pour que nous ayons une information sur ce qui nous intéresse et qui est comparable avec nos ruches, le poids du miel, du pollen et des abeilles.

J'ai rajouté la composition de la ruche qui est sur la balance connectée. Elle varie en fonction de la période concernée : http://asapistra.fr/?q=node/1594.