Des probiotiques pour accompagner le développement de la ruche et améliorer le niveau des récoltes

Une équipe de chercheurs européens a étudié l’effet d’une supplémentation en bactéries de type bifidus et lactobacilles sur l'activité de la ruche et la composition de son microbiome intestinal. Deux mois après la fin de la supplémentation, ils ont pu observer :

  • Une modification du microbiome avec l’augmentation de la proportion de bactéries impliquées dans la dégradation des sucres
  • Une augmentation du couvain (+46,2 %)
  • Une augmentation de la quantité de pollen récolté (+53,4 %) et de miel produit (+59,21 %)

Cette étude ouvre la voie à de nouvelles solutions thérapeutiques par supplémentation en probiotiques.

 

Les progrès en technologie de séquençage ont permis de caractériser le microbiome intestinal des abeilles1, ouvrant une piste prometteuse pour le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques s’appuyant sur la promotion de « bactéries bénéfiques ». Parmi ces bactéries, on retrouve les bifidus et lactobacilles, impliqués notamment dans l’absorption des nutriments.

Une équipe de chercheurs européens a étudié l’effet d’une supplémentation de ces espèces bactériennes sur l’activité d’une ruche. Avant la période de floraison des tilleuls, les abeilles ont été nourries pendant quatre semaines avec du sirop contenant les bactéries (1 x/semaine par spray sur les cadres). Puis, un et deux mois après la fin de l’expérimentation, le microbiome intestinal ainsi que l’activité de la ruche (quantités de couvain, de pollen et de miel) ont été suivis.

Les chercheurs ont pu observer une modification du microbiome avec notamment l’augmentation de la proportion des Acetobacteraceae impliqués dans la dégradation des sucres. Aussi, après un mois, ils ont constaté une augmentation du couvain (+46,2 %) qui a induit, dans le mois suivant, une augmentation de la quantité de pollen récolté (+53,4 %) et de miel produit (+59,21 %), ressources alimentaires nécessaires pour le développement de l’essaim et son bon état de santé. En conclusion, les auteurs projettent des études complémentaires sur le système immunitaire et la physiologie afin de renforcer l’argumentaire pour la promotion des probiotiques en apiculture.

 

Alberoni D, Baffoni L, Gaggìa F, Ryan PM, Murphy K, Ross PR, Stanton C ,Di Gioia D. (2018) Impact of beneficial bacteria supplementation on the gut microbiota, colony development and productivity of Apis mellifera L. eneficial Microbes: 9 (2) - Pages: 269 – 278 https://doi.org/10.3920/BM2017.0061

 

1Parlons un peu des bactéries bénéfiques ...

Présenté comme tel, cela ressemble plus à un moyen de doper une production de miel que de soigner les abeilles. Où se situera la frontière entre le bien et le mal ?

Patrick

La question est effectivement ouverte d'où la conclusion des auteurs, qui projettent des études complémentaires sur le système immunitaire et la physiologie 

Il est ici mis en avant  le fait que la flore intestinale des abeilles est mise à rude épreuve peut-être par les méthodes peu naturelles agricoles humaines, dans cette nouvelle nature les bactéries primordiales pour notre santé et celle des abeilles seraient aussi en déclin ?  Il n'y a qu'à regarder le nombre de probiotiques qui existent sur le marché pour nous soigner par les intestins. Pourquoi alors que nous devrions en avoir suffisamment naturellement dans nos intestins ? Qu'elle en est la cause ? L'environnement ? l'alimentation  ? Cet article donne matière à réflexion. merci Judith.

Lorenzo

Les réflexions de Patrick et Lorenzo me paraissent pertinentes , ce sujet des probiotiques est une question d’actualite que je rencontre depuis le début des années 2000 en apiculture, à titre personnel ,suppléments ,compléments alimentaires pour les abeilles , après les humains .Au delà ( et avec) de l’énorme marché que cela représente ,cette question pose le lent( peut être trop rapide d’ailleurs sur certains points) ,mais profond et irréversible problème du changement environnemental multifactoriel qui nous touche ( alimentaire entre autre , quantité et qualité de ce qui est ingéré par les abeilles dans les divers milieux  et leurs effets)effectivement Judith des études sur la physiologie à grande échelle  seraient certainement éclairantes  sur toutes ces questions